|
|
| |
| 9/26/2007
12:19:51 PM |
Réal Barnabé
|
| Fondateur
et PDG du Réseau Liberté: « La presse guinéenne manque de
professionnalisme.»< |
| Suite
| |
| |
|
|
|
| |
| Posté
le 26, Sep à 12:19:51 |
|
|
Fondateur et PDG du Réseau Liberté: « La
presse guinéenne manque de professionnalisme.»
Un atelier
de formation a réuni, du 17 au 21 septembre dernier, ici à Conakry,
des députés et journalistes guinéens, autour du thème central ‘’les
parlementaires et les médias en République de Guinée’’. En marge de
cet atelier, nous avons rencontré le formateur canadien qui a bien
voulu se prêter à nos questions.
Dans cet entretien qui suit,
Réal Barnabé nous décline lapidairement son parcours professionnel ;
en sa qualité d’expert en communication, il nous parle entre autres
des progrès et des limites de la presse guinéenne, de son
organisation ‘’Réseau liberté’’ dont le combat s’inscrit activement
dans le cadre de la bonne gouvernance et de la promotion de la
liberté de la presse dans les pays en transition ou
émergeants.
Guinéenews© : Avant de commencer cet
entretien, présentez-vous à nos lecteurs ?
Réal
Barnabé : Je m’appelle Réal Barnabé, je suis un journaliste
canadien, j’ai travaillé longtemps à la télévision nationale chez
nous. A la radio nationale aussi pendant environ 12 ans comme
journaliste et reporter, animateur.
Plus tard, je suis
devenu gestionnaire, directeur de l’information. Et depuis 1996, je
dirige ‘’le réseau liberté’’, une organisation que j’ai créée et qui
veille à la promotion de la liberté de la presse dans les pays en
transition, et dans les pays émergeants.
Guinéenews© :
Vous avez eu à côtoyer, durant 5 jours, parlementaires et
journalistes guinéens. Quelles impressions gardez-vous des uns et
des autres ?
Réal Barnabé : L’impression
dominante, c’est que nous sommes vraiment dans une période de
transition ici. Les choses changent. Ça change du côté de la presse.
Il y a un certain pluralisme qui s’installe. Il y avait déjà des
journaux indépendants, il n’y avait pas de radios privées, du côté
des parlementaires nous allons les outiller pour mieux communiquer
avec les électeurs, plus de transparence. Je pense que tout ceci est
encourageant.
Guinéenews© : Comment trouvez-vous la presse
guinéenne comparativement à celle du Burkina Faso ou du Canada que
vous connaissez parfaitement bien ?
Réal Barnabé :
Il y a beaucoup de journalistes ici qui sont motivés et pleins de
bonne volonté, qui veulent bien faire. Mais on peut probablement
dire, d’autre part, que la presse manque de professionnalisme. Qu'on
pense uniquement à la présentation de l’information dans les
journaux, il y a des problèmes de mise en page évidents.
La
présentation de nouvelles des journaux parlés ou télévisés, c’est un
peu pareil. Ça manque de méthode. Et surtout le journaliste dans sa
tâche essentielle qui est de rapporter les faits devait y arriver,
devrait le faire d’une manière plus rigoureuse, vérifier son
information, les détails… souvent, il y a des erreurs dans
l’orthographe des noms, etc. Alors si l’on se trompe dans les
détails, on risque de se tromper aussi dans l’essentiel. Surtout le
lecteur risque de perdre confiance en nous, en se disant s’il n’est
même pas capable de reproduire le nom correctement, comment puis-je
croire qu'il travaille bien. Pourquoi pas. Est ce qu'il a bien
compris l’information ? Est ce qu'il l’a transmise correctement ?
Donc, il faut que la presse de la République de Guinée
devienne plus professionnelle. Parce que le rôle de la presse en
démocratie est essentiel. Il n’y a pas de démocratie sans liberté de
la presse.
Guinéenews© : Avez-vous visité, par hasard, la
presse en ligne guinéenne ? Si oui, quelle appréciation faites-vous
de leur contenu en général ?
Réal Barnabé : On a
comme l’impression que les sites webs sont en meilleur état que les
journaux. Quand on regarde les sites-webs d’un journal, la
présentation formelle est assez bonne. Mais c’est le journal papier
imprimé qui fait d’une manière un peu amateur.
Guinéenews©
: Vous êtes le PDG et fondateur du ‘’Réseau – liberté’’.
Présentez-nous cette organisation et quelle est sa vocation
principale?
Réal Barnabé : C’est une organisation
qui s’inscrit dans le cadre de la bonne gouvernance. Nos clients, en
général, n’ont pas les moyens de nous payer. Donc, il faut aller
chercher l’argent chez les bailleurs de fonds. Et les bailleurs de
fonds, si par exemple c’était la banque mondiale, ont des programmes
dans le domaine de la gouvernance.
La gouvernance, ce n’est
pas uniquement de faire en sorte qu'il y ait des élections, que le
gouvernement fasse bien son travail, que le système judiciaire soit
compétent, indépendant. La gouvernance, c’est aussi la liberté de la
presse. Parce qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté de la
presse comme je le disais. Parce que le rôle essentiel du
journaliste est de permettre aux électeurs de bien comprendre. Donc
le journaliste donne aux électeurs l’information dont ils ont besoin
pour se comporter en citoyen responsable. Alors c’est cela la
vocation du ‘’réseau - liberté’’. Et cela veut dire que,
concrètement on est allé jusqu’à maintenant dans 25 pays environ.
Nos principaux projets depuis deux ou trois ans sont en Haïti, en
Irak, au Cameroun, au Burkina Faso. On a aussi travaillé au
Viêt-nam, en Europe de l’Est, ex-Yougoslavie, en Grèce, etc. Un peu
partout.
Guinéenews© : Connaissant un peu les lacunes, les
difficultés qui se posent à cette presse guinéenne, qu'est ce que le
‘’Réseau – liberté’’ peut-il, concrètement, lui apporter en vue de
changer positivement son image et ses conditions de travail
?
Réal Barnabé : On peut ensemble essayer de
trouver des programmes de financement pour développer des projets
d’appui à la presse ici, j’ai l’intention à mon retour à Montréal,
puisque le ‘’Réseau-liberté est basé à Montréal ; d’explorer encore
une fois la situation.
Voyez-vous, nous n’étions pas ici
depuis trois ans. Parce que le Canada, au point de vue financement
s’était un peu retiré de la Guinée. L’Ambassade a été fermée. Cela
ne veut pas dire qu'il n’y a plus rien. Parce que certains
programmes de coopération démarrent. Mais dans le domaine des
médias, on a pas pu convaincre les autorités canadiennes de
poursuivre ce qu'on avait entrepris en 2002 – 2003 – 2004. Je pense
que ce soit du côté de la Banque Mondiale ou du côté d’autres
bailleurs de fonds, on est en train de voir si on peut trouver un
financement appréciable. Ainsi on pourra ensemble développer des
projets sur l’ensemble du ‘’Réseau-liberté’’ et le milieu de la
presse guinéenne.
Guinéenews© : Vous visitez la Guinée
après 3 ans d’absence. Qu'est ce qui, selon vous, a changé dans ce
pays tant sur le plan politique, économique et socioculturel ?
Réal Barnabé : Moi je ne veux pas m’ingérer dans les
affaires politiques du pays. Cependant, du côté de la presse, il y a
du changement. On voit par exemple que le journal télévisé à la RTG
est plus intéressant. On présente des nouvelles qui sont d’intérêt
pour les téléspectateurs. Alors qu'avant cela ne semblait pas être
une préoccupation. Il y a des radios privées qui sont là maintenant.
Des radios privées que je n’ai pas pu écouter beaucoup
malheureusement jusqu’à maintenant. Parce qu’il n’y a pas de poste
radio à l’hôtel. Dans les prochains jours, je vais tout faire pour
les écouter. Je suis sûr que la seule présence des radios privées
fait en sorte qu'il y a un certain dynamisme qui se développe. Et
puis si les radios privées font bien leur travail, finalement, c’est
l’auditeur qui sera gagnant.
Guinéenews© : Quel est votre
dernier mot à l’endroit de vos confrères guinéens
?
Réal Barnabé : Je les invite à plus de courage
et de persévérance. Parce que ce n’est pas facile. Il n’est pas
facile d’être journaliste nulle part. Les journalistes en Afrique,
ce n’est pas n’ont plus facile. Par ce qu'on connaît les conditions
dans lesquelles vous travaillez. Les salaires sont très bas,
lorsqu’ils sont là, parfois il n’y a même pas de salaire. Et puis il
y a eu libéralisation, mais dans une certaine mesure les lois sont
restées très restrictives pour ne pas dire répressives. Alors ce
n’est pas du tout facile, mais il faut poursuivre le combat et ne
guère se décourager.
Propos recueillis par Camara Moro
Amara
|
| |
| © 1997-2007 Guinéenews. Tous droits
reservés. |
Camara Moro Amara
| | |
|